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 Raclure baveuse - Narcisse

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MessageSujet: Raclure baveuse - Narcisse   Sam 1 Jan - 11:55


visitorunborn criminal

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→ MESSAGES : 3
→ CITOYENNETÉ DEPUIS : 01/01/2011

— JOB : Raclure poisseuse





MICHAEL PITT

Préface.
L'HOMME QUI CACHAIT DES CADAVRES DANS DES BOÎTES.

Narcisse Colyton, pingouin dans ses jeunes années. Disons 21 ans de maladie. Cérébralement atteint, le fou a malheureusement été stoppé dans ses grandes divinations. Rêveur condamné, sujet à de nombreuses hallucinations, et ayant une forte propension au masochisme. Sufisamment pour se proposer comme prophète ou Monsieur Merlin, selon les version. Toutefois, ne le sous-estimons pas. Bonhomme arrogant et nerveux, il mène la vie dure à ses pairs, bouguonnant ou hurlant. Se débattant et mordant ses agresseurs à pleines dents. Vingt et une petites années, siphonnées à fière allure. Pas de quoi être jaloux. Prudent polichinelle, vivace petit goule talonnant son bienheureux maître vorace : Dieu, peut-être.
Il n'a de compte-rendu à rendre à personne, si ce n'est lui, et sa petite conscience, fort peu tangible, et sombrement amochée. Cette carcasse agitée de soubressaut, on la surnomme le Furet, probablement parce qu'il fouine partout, le petit braillard. On ne lui a pas apprit qu'il fallait montrer du respect à certaines éminences grises, il faut lui pardonner ... Sa vie se digère dans un long froufrou de robes, de gloussements, de thérapies râtées, d'assoiffement prodigieux, dans la boue et la soue. il ronronne. C'est que, savez vous, monsieur n'est pas exigent. Il attend juste qu'on lui donne son dû. Sinon, tout naturellement, il faut le prendre, en grand seigneur un peu dirigiste. Mais quand même.



« I said ooh girl »



Le jeune poussin ébouriffé - adolescent, peut-être ?- son duvet fangeux, réaligne ses pattes tordues, réajuste son corps misérable et croulant. Et, satisfait de cette mise à jour, il se vautre une fois de plus sur le goudron chaud. Qu'importe, Narcisse, vilain petit canard plumeux, pose ses mains nerveuses sur l'asphalte et avance. Tantôt à quatre pattes, tantôt rampant. Qu'importe ? Oui, qu'importe ? Personne n'ira la récupérer dans la nuit. Tous ces gens bien pensants dorment déjà, engoncés dans leur lit défait, crevant de chaud. Leur fenêtre est ouverte, et un cafard ou deux s'infiltre par le balcon, ravi d'avoir un peu de boustifaille à se mettre sous les mandibules. Triste histoire d'asticots.
La créature effarouchée finit par se redresser, asticotée dans son cas par sa conscience. Quelque peu fêlée, certes, mais digne d'un bipède. Il faudrait déjà qu'elle y voie un peu plus clair. Que le ruelle n'aie pas ce mouvement constamment chaloupée. Ce pourquoi la brindille titube jusqu'au prochain réverbère. Voulant l'étreinte à pleins bras, elle se cogne le front contre l'aluminium de son enveloppe. Mais ne bronche pas. Qui sait ... Lui aussi a le droit d'être quelque peu timide. Le bras de Narcisse glisse, et le marmot libère sa main gauche, qui s'en va fouiner droit dans sa besace effilochée. Face lunaire en ressors un objet jaune, en aucun cas contondant, dans lequel il mord à pleine dent. La réponse ne se laisse pas attendre. La pulpe du citron gicle sur son menton, mêlée à de la bave. Gicle sur son museau. Gicle sur ses petites joues pâles. le tout dégouline, suinte le long de ses yeux, et se traîne péniblement le long de ses pommettes, graisse fondante et onctueuse. La décharge acide lui fait lever la tête, hérisse son échine. Et c'est finalement ravi que la damoiseau crachote deux ou trois pépins sur le goudron.

« dance with me, sway with me »



19 ans, âge pourri. Sale petit tas d'immondice. Mioche dégueulasse à en gerber. On ne sait trop quel malaise nous prend la gorge quand on aperçoit sa frimousse de dégénéré. Qui, fondamentalement, n'a rien de bien extraordinaire. Le marmot boutonneux fixe son regard sur l'horizon, et, gluant de connerie, parle tout seul. Dodelinnant par la même occasion de la tête.
Narcisse Cotylon, jeune dégingandé alcoolique et débauché, met un pied devant l’autre. Et en éprouve toute la difficulté passible d’une juste correction. Il faut un peu plus de feu dans toutes ces choses si lamentables. Un peu plus d’ivresse morne et glauque. Un peu d’entrain. Du rouge à lèvre dégouline et suinte le long de sa joue. Tout pompette, le garçon passe sa main pour effacer les traces de graisse et de poudres bon marché. Qui s’étalent et barbouillent sa petite patte blanche. Un haut-le-cœur anime son petit estomac saturé d’alcool, et ses boyaux se tordent en tous sens, gélatineux à souhait, émettant de petits grognements dans leur mastication langoureuse et pesante. Les intestins de Cotylon travaillent à plein régime. Ca s’agite et tressaute. Le petit pantin délirant racle les murs de brique et toussote dans son manteau déchiré. Moribond crapuleux vérolé, ou peut-être autre chose. Vision spectrale d’un autre monde qui aurait de quoi terrifié la bigote du coin. Ses petits cernés scrutent et épient la rue, assez incertains quant au mouvement chaloupé des murs, qui voguent sur un mur de bitume, tout autour de lui. L’étouffent dans une collerette de brume. Un lacet glisse le long de son cou maigre d’humain pauvrement nourri à coup de feuilles de salade. Il se retourne, et dérape dans une flaque de gadoue. Hihihi. Ses articulations couinent, et monsieur gesticule avec grandiloquence, tentant de ne pas déraper depuis son petit îlot rocailleux qui le retient de s’éloigner trop de la réalité.
Pourtant, une bestiole infâme ronge cet arrimage trop faiblard, et achève de propulser le maigrichon bonhomme dans l’antre des cauchemars assidus. Une main calleuse s’empare de ses petits bras mous, et tente de tirer dessus. Mais le pantin résiste, il s’empare de ses ficelles, appuie sur le joystick. Et paf ! Il ne sait où se trouve la réalité. Ici, et là, sont-ce ces trippes qui le font vomir sur un adversaire peut-être imaginaire. Narcisse tend une main vers un lampadaire tordu, torturé. On croirait une bête perchée sur un tas de merde fumante. La lumière pisseuse inonde ses cheveux bruns, et dégueule, aveuglante de cochonneries en tout genre, sur ses grands yeux bleus. L’enfant n’en peut plus. Tout explose, dans sa cervelle, tiraillée par des interrogations si calamiteuses. Il se retrouve saucissonné, tandis qu’on cherche vaguement à l’étrangler. Qu’importe qu’il ne respire plus ? Ses poumons n’ont pas besoin d’oxygène, le petit zombie tintinnabulant en a plus que conscience. Puis Cotylon tombe. Ses gambettes se dérobent sous le joug d’une impérieuse force autoritaire. Il courbe l’échine, satisfait de son sort, et son nez mutin vient rencontrer sa mère naturelle. La boue. Miam.
« La pipe au papa du pape Pie pue. » Quel est ce chaos, désordre cosmique qui l’irradie dangereusement et menace de lui envoyer à tout moment des bibelots en plein cœur ? Une main passe sur son visage d’albâtre. L’angelot déchu, en sa triste cage, s’attend à un peu plus de délicatesse de la part de son créateur. Mais que neni ! Il lui semble que cette caresse – tendre ? est un coup de poing, qu’une sorcière stygienne s’amuse à arracher sa petite peau fine de ses ongles écailleux. Il sent ses mandibules répugnants galoper sur son corps révulsé et pourtant immobilisé. Ses yeux, collés, refusent de s’ouvrir et d’enfin lui permettre une lutte à égal. Il veut lui arracher la tête, lui arracher les ailes, et se repaître de son cœur. Il n’a pas souvenir des dernières secondes, minutes ou même heures, dans cet espace confiné voisin de l’immobilité totale et impassible. Espace temps infini, supplicié condamné à être crucifié pour l’éternité. Ce contact lui est insupportable. C’est alors dans un rugissement barbare et violent que Cotylonl
se catapulte hors de sa prison, se jette sur les barreaux de sa cage. Las, Dieu ou diable, qu’importe, il n’a pas fini de jouer avec son pantin préféré. Il tire sur les ficelles, tandis qu’une suprême marionnettiste contemple l’insecte vautré dans son effroi. Aussitôt, l’aveugle se décide à arracher ces fils qui pendouillent à ses bras. Aiguilles empoisonnées qui se retirent de sa chair. Il les sent s’enfuir, mais la douleur est toujours là. Pire que jamais. C’est maintenant la main de Dieu qui s’abat sur son crâne, peu indulgente, peu clémente, et tente de le rabattre sur son lit. Qu’il se calme, le garnement, ou finisse foudroyé ! Un hurlent strident égorge l’enfant terrorisé. Il ne veut pas aller au lit. Pas si tôt ! Pas si vite ! Pas avant la fin de l’histoire ! Il ne faut pas que les choses se terminent de la sorte. Indépendamment même d’une quelconque princesse effarouchée et raide dingue. Un coussin accueille son cou fatigué. Puant la lavande à plein nez. Une odeur exquisément mesquine, camouflant une atroce odeur aseptisée de boucherie officieuse. La panique erre dans son crâne. Irrite ses tissus et pique son cerveau qui réagit par de grands moulinets anxieux. « A bientôt, ma chère, revenez moi vite ! ». Bientôt, il le sait, il ne pourra plus bouger. Bientôt, l’enfant sait qu’on l’enfermera, et, qu’une fois de plus, il sera suspendu dans le vide, par un fil rouge. Qu'on le privera de ces si exquises substances qui font exploser ses neurones grelottant.
Pleurnichement, au loin. Il n’en connaît pas l’origine. Les sanglots se perdent dans son ivresse hémorragique. Serpent monstrueux sanglé sur un lit d’hôpital, gris de folie, le nez cassé, et s’étouffant dans son venin.
Tout doit être la faute de ses parents. En y regardant de plus près, on verrait peut-être un pachyderme vautré dans un coussin, les yeux exhorbités, un cadavre putride encore souffreuteux, dégueulant dans ce bas monde son ennui. Devant une télé. Et maman ? Maman n'est pas là, on ne sait pas trop quelle erreur elle a fait, mais son père a signalé qu'elle a beuglé de terreur devant ce rejeton. Plus d'une fois. Ce doit être cela la raison, songe la marmot, sanglé.

« like a lady ocean hugs the shore»




Monsieur se promène derrière un balai. Derrière un livre. Derrière les verres fumés. Il fait un pas de côté, fourre son nez dans des affaires douteuses et baveuses. Atise les feux, et rapporte tous les soirs son lot de commérage dans sa bicoque déglinguée où il vit seul. Ces derniers temps, le radoteur a déniché une affaire outrageusement alléchante. Elle parle de trahison, de potence, d'argent, de filles et de drogue. Savante alchimie d'explosion qui ne peut que lui tendre sa frimousse. Ahaaa. Affreuse poursuite de monstres dotés de déambulateurs. Film grotesque sorti tout droit d'une production manquant de crédits. Effets spéciaux ratés. Acteurs ratés. Juste un peu d'effroi qui dégouline par leurs pores, et dépose son mucus vénéneux sur leurs chairs putrides. Agaga. Les mots deviennent des sons, s'écorchent langoureusement sur la gorge de la protagoniste. Cette histoire, ça va être de la tarte à l a crême, avec une picotin de marmelade à la figue dessus. Hmmm. Rien qu'à penser à cette vénéneuse histoire, ça ...
Tchac. Ses petits pieds valsent sur le canapé, tandis qu'il ne cesse de zapper. Le brouhaha confus s'infiltre dans ses oreilles, dans son cerveau, et laisse livre court à la germination d'idées retorses. Sale petit sadique pervers. Son travail, il oserait le clamer sans vergogne, est un travail d'orfèvre. Artistique chirurgie qui consiste et dépouiller un corps chaud et piriforme de son âme, tout en en tirant le maximum de bénéfice. Tituber sans pour autant tomber à genoux devant LA suprême garce. Ramener la première viande fraîche. Traîner sa carcasse ratatinée jusqu'à ce qui risque de devenir sa maîtresse, et l'observer en gémissant, sale cabot cherchant les restes du repas dans les abats. Encore bon à jeter. Il veut une fille, en fait ; et les deux autres érynies, il s'en fout. Une histoire charmante, qui continue dans les viscères et se clôt par une curée fabuleuse. Un gamin bat des main, applaudit ce spectacle, et s'en amuse.
Tchac. Ses mains valdinguent nerveusement. Qu'est-ce que tu peux demander de mieux, mon lardon ? Il se pince les joues, sceptique. Peut-être sa ration de drogue, songe le grincheux. Mais la fille durerait plus longtemps ; par conséquent, ses économies fondraient un peu moins vite. Le petit clown barbote. Quelle solution choisir. Le dilemme est insupportable. C'est une torture. Un glaive sanguinolent qui fouille dans ses trippes comme une charogne.
Finalement, la roublarde petite chose grince des dents en gigotant dans son canapé crevé. On verra bien.
Il roule par terre. Il rampe. Il machouille un bout de plastique entre ses dents. Est-ce là encore l'effet de quelque substance sur son jus cérébral ? On ne saurait trop dire, à voir ses grand yeux bleus visqueux, exhorbité. Il semble foncé, pris pourtant dans les méandres croupis du temps. Ralenti. Inutile bestiole. Aha. Aha. Il rit dans sa frénétique course impossible. Qu'est ce qu'il va se marrer.




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MessageSujet: Re: Raclure baveuse - Narcisse   Sam 1 Jan - 20:22


adminimpitoyable autocrate

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→ MESSAGES : 21
→ CITOYENNETÉ DEPUIS : 06/07/2010




Divin, divin, divin ! Narcisse dégouline comme de la guimauve fondue, il est encore plus exquis que je l'avais imaginé ! Tu as tout à fait saisi le personnage !

*Danse de la victoire* :85:
Magique tout simplement !

Évidemment, tu es validé !
Plus officiellement :

Bravo ! Ta fiche est officiellement validée.
Tu es assez dingue pour faire partie de la grande famille d'HELTERSKELTER !
Bon...qu'est-ce que tu attends ? Va jouer, merde !
Si tu as des questions, n'hésite pas.
Ah oui ! Et évite d'être criblé de balles la première journée...

Pas la peine de dire que je veux un lien ;)
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MessageSujet: Re: Raclure baveuse - Narcisse   Sam 1 Jan - 21:37


visitorunborn criminal

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→ MESSAGES : 3
→ CITOYENNETÉ DEPUIS : 01/01/2011

— JOB : Raclure poisseuse




GRAHHHH ! Owwiiiiii.
MERCIII. Je t'aime déjà Bram 19 *PAF*
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MessageSujet: Re: Raclure baveuse - Narcisse   Sam 1 Jan - 21:42


adminimpitoyable autocrate

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→ MESSAGES : 21
→ CITOYENNETÉ DEPUIS : 06/07/2010




Je l'espère bien, sinon tu vas avoir la législatrice dans les pattes et c'est pas franchement marrant 19
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MessageSujet: Re: Raclure baveuse - Narcisse   

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Raclure baveuse - Narcisse

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